Stendhal Œuvres romanesques complètes, t. III

Stendhal
Œuvres romanesques complètes, t. III

Éditions Gallimard

Bibliothèque de la Pléiade

1520 p. 67,50 euros (60 euros jusqu’au 30 juin 2014)

Date de mise en vente : 13 mars 2014

Sur la lancée des Mémoires d’un touriste (1838), Stendhal part sur les routes pour un périple de quatre mois et demi dans le Sud-Ouest, sur la côte méditerranéenne, en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas. Paysages, monuments, tableaux, rencontres, il engrange pour une suite éventuelle, curieux de tout et de tous. Pourtant, c’est dans la mine des manuscrits italiens qu’il descend à son retour, parce qu’elle est pécuniairement rentable et qu’elle le replonge dans l’univers imaginaire qu’il a élu pour sien. Quelques pages sur un Farnèse devenu cardinal et pape grâce à une femme enclenchent un processus de cristallisation. Avant de passer à l’acte, un autre circuit plus modeste, en Bretagne et en Normandie, permet la maturation du projet. En cinquante-trois jours, porté par la vague d’une improvisation heureuse, Stendhal paie à l’Italie, en toute liberté, le grand tribut romanesque qu’il lui devait et dicte La Chartreuse de Parme.
À la recherche de nouvelles idées, il tâtonne, entre l’exploitation de chroniques napolitaines et des études françaises et contemporaines, dont Lamiel, qui l’entraîne sur des chemins inédits, particulièrement audacieux. Salué comme un artiste majeur par celui qu’il considère comme le maître du roman moderne, Balzac, qui consacre à la Chartreuse une analyse exorbitante, il se voit pour la première fois, à cinquante-sept ans, mis à sa place ; il essaie loyalement, dans la perspective d’une nouvelle édition refondue et augmentée de la Chartreuse qu’il envisage pour 1860, de tenir compte des critiques sur le style et la composition, formulée par son prestigieux confrère, mais doit rapidement reconnaître qu’elles contrarient son mouvement spontané. Après quelques efforts, et en parfaite conformité avec le premier commandement du beylisme, qui résume tous les autres, il décide de persister dans ses choix et d’oser être Stendhal plutôt que Balzac.
Il reçoit un premier grave avertissement physique qui l’impressionne durablement. Il ne s’en remettra pas véritablement ; la raison de santé qu’il invoque pour demander un congé de son poste consulaire à Civitavecchia, où il ne retournera pas, ne relève pas du prétexte. Revenu à Paris assez affaibli, il se remet à divers chantiers interrompus, échafaude des projets (toujours Lamiel, toujours des nouvelles, dont le public est demandeur). Mais quelque chose semble cassé. Il meurt stendhaliennement, c’est-à-dire vite et proprement, comme il l’avait souhaité : « Je trouve qu’il n’y a pas de ridicule à mourir dans la rue quand on ne le fait pas exprès » (lettre à Domenico Fiore du 10 avril 1841).

Philippe Berthier.

L’édition en trois volumes des Œuvres romanesques complètes de Stendhal, désormais achevée, est (curieusement) la première à proposer l’ensemble des œuvres dans l’ordre chronologique de leur rédaction.
Outre les dernières « chroniques italiennes » (consacrées à de scandaleuses histoires conventuelles), le tome III propose une Chartreuse de Parme assortie d’appendices conséquents parmi lesquels on trouvera l’intégralité de la recension dithyrambique de Balzac et ses échanges avec Stendhal, ainsi que les tentatives de réécriture du roman par son auteur (qui n’était pas resté insensible à certaines remarques de Balzac), en vue d’une seconde édition du roman, qui ne parut jamais.

Le volume, enfin, procure une édition radicalement nouvelle de Lamiel, œuvre en travail, souvent « reconstituée » à l’aide de manuscrits qui n’étaient nullement faits pour être mis bout à bout  et ici publiée dans ses trois versions : notre vision de l’ultime projet romanesque de Stendhal, aussi inachevé qu’inachevable, s’en trouve totalement renouvelée.

Édition établie par Yves Ansel, Philippe Berthier, Xavier Bourdenet et Serge Linkès.

Ce volume porte le n° 16 de la collection. Tomes I et II disponibles.

Un volume, relié pleine peau sous coffret illustré
Format :    105 x 170

CE VOLUME CONTIENT :

Avant-propos
Chronologie
par Philippe Berthier
Avertissement

A-IMAGINATION
LA DUCHESSE DE PALLIANO
LISIMON
L’ABBESSE DE CASTRO
LA CHARTREUSE DE PARME
Appendices
I. Sources italiennes
II. Stendhal, « La Jeunesse d’Alexandre Farnèse »
III. Balzac et La Chartreuse de Parme
IV. Tentatives de réécriture en vue d’une nouvelle édition
Textes établis, présentés et annotés par Philippe Berthier
FÉDER
Texte établi, présenté et annoté par Xavier Bourdenet
PHILIBERT LESCALE
Texte établi, présenté et annoté par Philippe Berthier
LAMIEL
Appendices
Textes établis par Serge Linkès, 
présentés et annotés par Yves Ansel et Serge Linkès
DON PARDO
SUORA SCOLASTICA
Textes établis, présentés et annotés par Philippe Berthier
Notices, notes et variantes

Lire l’article de Bruno Frappat sur le site la-croix.com

http://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/Fabrice-et-sa-tante-2014-06-04-1160900

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