Stendhal et l’aristocratie

STENDHAL AUJOURD’HUI
HB Revue internationale d’études stendhaliennes

Colloque international 25-26 mars 2011
Paris, INHA

STENDHAL ET L’ARISTOCRATIE

L’objectif de ce colloque est d’étudier la place, le rôle et les divers aspects de l’aristocratie dans l’œuvre de Stendhal.
Les goûts aristocratiques ou la ducomanie de Stendhal, son attirance pour l’aristocratie « quand elle n’est pas étiolée », n’atténuent en rien la condamnation absolue qu’il prononce à son encontre. Du point de vue politique, elle est à ses yeux une absurdité sous la forme d’un régime insupportable fait d’arrogance, d’insolence et d’égoïsme. Chroniqueur ou romancier, Stendhal n’a pas cessé de relever les ridicules du faubourg Saint-Germain dont il n’a jamais régulièrement fréquenté les salons, et de dénoncer l’avilissement du « parti aristocratique ». Comme chez  Tocqueville, on est en présence d’une véritable sociologie de cette caste capable de toutes les faussetés et de tous les vices, mais aussi capable de vivre à une hauteur morale peu commune, spontanément idéaliste, même s’il lui arrive d’être loin de la vie et comme happée par le vide. Mais dans le monde moderne, ses qualités sont des faiblesses.
Il y a chez Stendhal une évidente dichotomie entre l’aristocratie comme classe, qui se dégrade quand elle se montre aussi avide que la bourgeoisie, et les personnages aristocratiques. A quelques exceptions près, ses représentants masculins, obsédés par le maintien de leurs privilèges et oublieux des valeurs chevaleresques, sont bien inférieurs aux grandes dames de la « bonne compagnie ». La plupart des héroïnes de Stendhal appartiennent à l’aristocratie, sans doute parce que n’est désirable, c’est-à-dire aimable, que la femme du monde. Selon Stendhal, la femme aristocratique est définie par le dépassement de soi et la générosité : la pieuse Louise de Rênal ou l’arrogante Mathilde, aussi bien que par le caprice et l’esprit : la pimpante Mme d’Hoquincourt, à mille lieues de Mme de Fervacques, la fausse aristocrate.
L’aristocratie, traditionnellement liée à la terre et donc au refus du progrès, c’est aussi ce qui est stable dans une société en mouvement. A la différence de Balzac, Stendhal, qui ne privilégie pas la figure du propriétaire foncier – le marquis de La Mole ne daigne pas s’occuper de ses terres – condamne la fortune terrienne, d’où l’intérêt qu’il porte à la fortune mobilière – chez lui, le personnage du banquier est un personnage positif −, même s’il juge inférieure l’aristocratie d’argent. Aussi n’épargne-t-il pas le commandeur de Soubirane qui joue à la bourse !
D’autres aspects pourront être évoqués, particulièrement l’écriture aristocratique (le fameux style « grand seigneur ») et, bien sûr, cette aristocratie littéraire que constitue la « classe pensante » et la question de son public : qui serait bon juge des œuvres de l’esprit ?

Propositions de communication à adresser par courriel, avant le 15 janvier 2011, à M. Crouzet et M. Arrous.

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