Stendhal et le roman social Colloque organisé par Stendhal Aujourd’hui

STENDHAL ET LE ROMAN SOCIAL
Colloque organisé par Stendhal Aujourd’hui
Avec la collaboration de HB Revue internationale d’études stendhaliennes
20 et 21 mars 2020, Université Paris-Sorbonne-Paris IV

C’est à Stendhal romancier de la société sinon du social, c’est-à-dire à la présence dans son œuvre du corps social et à ce qu’elle dit du monde, plus exactement à sa lecture culturelle de la société que ce colloque est consacré. On privilégiera le modèle stendhalien, sans pour autant ignorer la tradition moderne du roman réaliste, avec Balzac, Flaubert ou Hugo.
Alors que les classes sociales ont été longtemps occultées, le lecteur de Rousseau et des saint-simoniens est d’autant plus à l’aise pour en parler qu’il est dégagé de leur emprise. Dans ses romans, on s’intéressera au côté passionnel de l’aventure sociale qui est aussi une aventure amoureuse et intime dans laquelle la connaissance du monde va de pair avec la connaissance de soi.
Pour Stendhal, il n’y a pas de classes sociales sans passions, pas de société sans la plus antisociale, la plus violente et la moins naturelle d’entre elles, la vanité, ce besoin de « faire effet » qui fait de l’individu un être social. À partir du réquisitoire rousseauiste contre les passions sociales, on se demandera comment Stendhal réinterprète le rôle majeur de la vanité dans la France bourgeoise, par opposition à l’Italie préservée de ce mal dont elle ne connaîtrait que quelques « accès », à cause du moindre poids des classes sociales. Sans négliger l’aspect politique ou économique, on examinera comment Stendhal rend compte de la différenciation sociale et de l’antagonisme social, par exemple dans la distinction établie entre l’ambitieux et le vaniteux, et dans les rapports de la vanité et du pouvoir. Certes, Stendhal est contre tous les pouvoirs et persuadé que tout pouvoir est d’abord vaniteux (l’homme politique se réduit le plus souvent à la vanité, de même l’« homme du monde » dans la société d’Ancien Régime), mais il n’imagine pas une société sans pouvoir : dans la monarchie, « lieu d’élection de la vanité » selon Helvétius, comme dans la démocratie qui la surexcite, pour que les gens soient heureux, il faut qu’elle soit satisfaite. Quel est le régime politique qui répond le mieux à cette nécessité ?
Chez Stendhal le peuple est absent parce qu’il n’a pas de passion, ou bien il n’apparaît qu’à travers quelques individus, entre autres le criminel, ou celui qui est confronté aux vrais besoins ; de l’aristocratie qui a les moyens d’échapper au malheur social, on peut dire qu’elle est dans l’ultra-vanité et que, si elle meurt, elle ressuscite comme individu ; quant au bourgeois, dans son désir d’être un moi vivant, il finit par se perdre dans le troupeau de ceux qui ne pensent ni ne sentent. Dans ce contexte social, quelques exceptions : les artistes, et les femmes, quoique les femmes « sociales », telle Mme Grandet dans Lucien Leuwen, ne soient pas gâtées par le romancier : les femmes ont le privilège d’avoir moins de vanité que les hommes, qu’on pense à Mme de Rênal, l’héroïne sans vanité, ou à la généreuse Sanseverina, elle aussi dépourvue de vanité, ce qui est extraordinaire chez une duchesse !
C’est donc au contexte social et au procès de socialisation à l’œuvre dans les romans qu’on s’attachera, ainsi qu’aux rapports des héros et de la société, aussi bien qu’à la question du ridicule attaché aux plaisirs et aux tourments de la vanité.

Propositions de communication à adresser par courriel, avant le 7 février 2020, à :

Michel Crouzet : mj.crouzet@wanadoo.fr
Michel Arrous : michel.arrous@gmail.com
Didier Philippot : philippot.didier@wanadoo.fr

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