Stendhal: bonheur et mélancolie

STENDHAL AUJOURD’HUI
H B Revue internationale d’études stendhaliennes

COLLOQUE INTERNATIONAL
18 et 19 mars 2016
Université Paris-Sorbonne-Paris IV

STENDHAL : BONHEUR ET MÉLANCOLIE

 

À la différence des « philosophes chagrins », Stendhal n’a cessé de réfléchir à « ce son si rare nommé bonheur » et à une méthode pour l’atteindre et le pratiquer comme un art de vivre procurant un équilibre moral à qui sait « se rendre indépendant des circonstances », à qui sait tirer le maximum de profit de tout événement et garder intact le sentiment des choses que la haine, la jalousie ou l’envie corrompent. On pensera au bonheur des « délicieuses rêveries » sur l’Arioste et La Nouvelle Héloïse, à l’aptitude du sujet sensible conscient de son bonheur, alors le bonheur devient moyen de connaissance – le Beyliste formule une science du bonheur dont le premier impératif est d’être soi −, aussi bien qu’à sa dimension politique (laissez-nous être ce que nous sommes). Au bonheur que l’on conquiert on doit ajouter le bonheur intime du ravissement silencieux devant les luoghi ameni, quand le souvenir du bonheur de vivre se mue en bonheur d’écrire.
Si le bonheur est d’abord une présence heureuse à soi et au monde, son secret ne serait-il pas d’inclure une dose de malheur ? Pour Stendhal, comme il y a une composante mélancolique de la beauté, il y aussi une composante mélancolique du bonheur : au risque d’être nul, le bonheur ne peut être pur. Se retrouve chez lui, héritée du XVIIIe siècle, une pensée du bonheur que double une pensée de l’inquiétude ou de l’incomplétude. La théorie des tempéraments de Cabanis qui rattache l’inquiétude au caractère mélancolique, Stendhal se l’approprie et fait de la mélancolie la condition du génie. Son beau idéal moderne, sa théorie des passions et, plus généralement, son esthétique et sa conception du romanesque sont sous le signe d’une mélancolie sans emphase ni narcissisme, une mélancolie qui n’empêche pas de vivre avec énergie.
On explorera les configurations de cette double topique dans l’œuvre de Stendhal.

Proposition de communication à adresser par courriel avant le 9 janvier 2016, à :

Michel Crouzet : mj.crouzet@wanadoo.fr
Michel Arrous : michel.arrous@gmail.com
ou Didier Philippot : philippot.didier@wanadoo.fr

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