Monthly Archive for février, 2010

Michel Crouzet Regards de Stendhal sur le monde moderne

Michel Crouzet

Regards de Stendhal sur le monde moderne

Éditions KIME

L’échéance du futur est toujours présente à la pensée de Stendhal : fondateur de l’idée de modernité, il pressent en elle la décadence de la civilisation ; sa critique de ce qui a pu être pour lui l’avenir porte sur notre présent à nous. Cette thématique suivie par les articles de Michel Crouzet rassemblés ici commence à Henry Brulard qui inscrit son enfance dans la Révolution, il puise son énergie dans l’ivresse de la révolte, mais aussi dans la quête de la République qui implique une sociabilité plus large et plus généreuse. Mais enfant du siècle il veut se guérir du mal du même nom car dans le consentement mélancolique à la douleur, à la solitude, à l’esprit de sérieux, il perçoit le nihilisme du désenchantement.
Vient ensuite l’analyse du lien indestructible entre Stendhal et Napoléon : c’est le désir de gloire, le désir de l’immortalité laïque qui les attache l’un et l’autre à l’humanisme classique et unit le conquérant à l’écrivain.
Pour Stendhal romantique et républicain, la beauté ne peut naître que dans la liberté. Il y a donc trois époques de l’art et trois libertés : les républiques antiques, les républiques italiennes du moyen âge, la liberté des Modernes libéraux, mais elle s’annonce comme tristement stérile puisqu’elle étouffe les forces affectives qui pour le Romantique sont l’essence même de l’homme.
Libéral, Stendhal l’est pourtant, le prouve son incarnation en marchand de fers dans les Mémoires d’un Touriste : la société civile sous Louis-Philippe, mais sans lui, dûment séparée de l’Etat, apparaît alors dans toute sa gloire, toute sa prospérité, emportée par un mouvement qui, avec quelque ironie à coup sûr, réjouit le romantique qui est aussi un moderne pour qui existe la vie économique.
L’âme de la démocratie, c’est le souci politique, et les souffrances et les indignations qui ont tourmenté Stendhal ; les articles qu’il a écrits dans les revues anglaises sous la Restauration sont une sorte de thérapeutique de la politisation. Stendhal machiavélien au fond tend vers réalisme qui désaffecte la chose politique et annonce l’objectivité du réalisme romanesque : il utilise le même matériau et transforme le principe de sa représentation.

ISBN 978-2-84174-507-4
2010 | 482 p.| 35 €

Michel Crouzet, professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne a beaucoup écrit sur Stendhal et d’autres écrivains du XIXe siècle ; il a publié récemment un Racine et Shakespeare et autres textes de théorie romantique chez H. Champion, une édition critique de La Chartreuse de Parme chez Paradigme, et Lucien Leuwen au Livre de Poche.

Qui nous délivrera de Louis XIV ?

Qui nous délivrera de Louis XIV ?

Un traité d’égotisme selon Stendhal

Stendhal

Un manifeste d’égotisme pour notre temps
Choix et préface de Samuel Brussell

Stendhal est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands romanciers français, mais l’homme d’idées et d’action reste, dans son pays, méconnu et suspect.C’est cet observateur implacable des moeurs de son temps, des lendemains de 1789, puis de Waterloo, cet esprit éminemment révolutionnaire, an sens le plus noble, que l’éditeur a voulu faire mieux connaître à travers cette anthologie-manifeste. Cette voix libre, amie de l’imprudence, est un remède au lugubre assommoir du «politiquement correct» qui paralyse notre civilisation.

Qui nous délivrera de Louis XIV? Voilà la grande question qui renferme le sort de la littérature française à venir. Les gens de lettres actuels se sont fait un point de doctrine de soutenir le genre à la Louis XIV, et l’Académie française est devenue plus intolérante et presque aussi absurde que la Sorbonne.

Je propose au public d’adopter le verbe poffer (du mot anglais puff), qui veut dire vanter à toute outrance, prôner dans les journaux avec effronterie. Ce mot manque à la langue, quoique la chose se voie tous les jours dans les colonnes des journaux à la mode, auxquels on paie le puff en raison du nombre de leurs abonnés.

Un des caractères du siècle de la Révolution (1789-1832), c’est qu’il n ait point de grand succès sans un certain degré d’impudeur et même de charlatanisme décidé.

Il me semble qu ‘il faut du courage à l’écrivain presque autant qu’au guerrier; l’an ne doit pas plus songer aux journalistes que l’autre à l’hôpital.

Toute idée de politique dans un ouvrage de littérature… est un coup de pistolet au milieu d’un concert.

ISBN : 9782753805552

Prix : 16.9 €

136 pages

Collection : Anatolia

Bibliographie des ventes stendhaliennes pour 2009

Monsieur Jacques Houbert a enrichi la Bibliographie 2009 du site Stendhal d’une très complète rubrique “Ventes 2009” (Format pdf) répertoriant de façon très précise l’ensemble des ouvrages ou manuscrits passés en vente dont il a eu connaissance au cours de l’année 2009.