Monthly Archive for novembre, 2008

Stendhal et l’Eros romantique : tradition et modernité

Stendhal et l’Eros romantique : tradition et modernité

Colloque organisé par Stendhal aujourd’hui et HB Revue internationale d’études stendhaliennes. INHA, salle Vasari, 27 et 28 mars 2009.

Appel à communication

Flaubert, Baudelaire, Gautier, Barbey d’Aurevilly ont pu accuser la modernité d’être violemment inesthétique. Dira-t-on, dans le même sens, que la modernité commence, avec « l’ascétisme » schopenhauerien, par une rupture d’ordre érotique, par la séparation fondamentale, aux conséquences décisives, de l’érotique et de l’esthétique, par l’arrachement au sensible, ou par sa réduction physiologique tout aussi destructrice? Il y aurait là comme une ligne de partage essentielle entre romantisme et modernité ; la promotion ou la dévaluation de toutes les formes de l’affectivité serait le critère décisif, le signe du basculement d’un côté ou de l’autre. Ainsi commencerait, à partir d’un thème schopenhauerien dont Anne Henry a bien établi l’importance, le sentiment proustien des « horreurs de l’amour » : la mort du romantisme serait contemporaine de la mort d’Eros. Mais si le romantisme ne se limite pas à un courant, s’il déborde au-delà de ses limites chronologiques, sans doute le retrouvera-t-on au cœur même de la « modernité », dans le sillage de feu du surréalisme : c’est à nouveau l’Eros qui constituerait le point de cristallisation imaginaire, le foyer même de la création, et le centre d’une réorganisation magique du monde autour de la femme, dont romantisme et surréalisme ont proclamé de concert qu’elle n’était réelle qu’à la condition d’être en même temps surréelle.

Tout l’enjeu central de ce colloque serait ainsi d’interroger l’Eros romantique comme une dimension majeure et globale, qui embrasse toutes les manifestations de la sensibilité, ou de l’affectivité, et leur éventuelle négation par le triomphe moderne de l’objectivité : le romantisme cesserait à partir du moment où l’objet d’amour serait précisément perçu comme un objet, dépouillé de l’aura imaginaire qui le transfigure, et qui rend indissociables les figures de l’amant et du poète. Il s’agirait en somme de considérer doublement l’enchantement romantique et toutes les formes « modernes » du désenchantement amoureux. Rapports du désir et de l’image, de l’érotique et de l’esthétique, tradition – l’héritage du XVIIIe siècle – mais aussi modernité de l’Eros romantique comme force de subversion et mise en cause de la société contemporaine : ce sont tous ces aspects que nous souhaiterions vous inviter à explorer, à partir de Stendhal, mais aussi d’autres écrivains et poètes du 19e siècle, en amont (la tradition) et en aval (la modernité), sans exclusive aucune, et sans négliger non plus la question de l’héritage de l’« érotique » romantique au 20e siècle.

 

Les propositions de communication devront parvenir avant le 27 janvier 2009 aux adresses suivantes : mj.crouzet@wanadoo.fr, philippot.didier@wanadoo.fr, michelarrous@club-internet.fr

HB Revue internationale d’études stendhaliennes N°11-12 /2007-2008

HB Revue internationale d’études stendhaliennes
N°11-12 /2007-2008

EUREDIT

Sommaire

Dossier
Stendhal, Mérimée et les écrivains romantiques : le sang, la violence et la mort. Textes réunis par Michel Arrous
Max Andréoli, « Visions romantiques de la Terreur » ; Sylvain Ledda, « Représenter la mort sur la scène romantique : enjeux et polémiques » ; Merete Gerlach Nielsen, « La violence et la mort chez quelques écrivains danois ou Mérimée en Danemark » ; Marie Makropoulou, « La Vie errante ou la prescience d’une mort heureuse » ; Claudie Bernard, « Des loups et des hommes : l’expression de la justice dans Madame Putiphar de Pétrus Borel le lycanthrope »; Fabienne Bercegol, « Des Natchez aux Martyrs : violence de l’éros dans l’œuvre de Chateaubriand » ; Christine Marcandier, « Le Gai savoir romantique de la violence (Mérimée, Stendhal) » ; Jacques Birnberg, « Les Cenci au confluent des légendes, des mythes et des thèmes romantiques » ; François Géal, « Une poétique du saisissement : les derniers instants du condamné à mort dans la IIe lettre d’Espagne (« Une exécution ») ; Thierry Ozwald, « La Chronique du règne de Charles IX : névrose individuelle et psychose collective » ; Hélène Spengler, « Barbarus hic ego sum quia non intelligor illis. Stendhal ou l’autre romantisme » ; Clarisse Réquéna, « La corrida : une tragédie romantique ? Prosper Mérimée à cinq heures de l’après-midi » ; Joseph-Marc Bailbé, « Le Don Juan de Mérimée : la violence et le sacré » ;   Andrée Mansau, « Tombes de femmes à Rome » ; Suzel Esquier, « La Mise en scène de la mort dans l’opéra Otello de Rossini et ses résonances stendhaliennes » ; Liliane Lascoux, « Les Registres de l’excès dans Carmen, de Mérimée à Bizet » ; Fanny Bérat-Esquier, « Baudelaire et Stendhal critiques d’art autour de la figure de Delacroix : le « sauvage » en peinture »
Varia
Jean-Jacques Hamm, « Religion et athéisme chez Stendhal : langue, discours, formes » ; Ferdinand Collier, « Le Transfert beyliste de Nietzche » ; Andrey D. Mikhaïlov, « La Dame de pique de Pouchkine traduite par Prosper Mérimée » ; Marthe Peyroux, « Mozart à Salzbourg »
Notes
Jacques Dubois, « Érotique et politique dans les romans de Stendhal » ; Clarisse Réquéna, « Vie et destin de Colomba Carabelli-Bartoli » ; Elisabeth Catala-Blondel, « Être sur l’œil » ; Elisabeth Scheele, « In memoriam. Michèle Morançay-Vaillant ».