Monthly Archive for octobre, 2008

Mérimée-Stendhal de Michel Crouzet

Michel Crouzet

MÉRIMÉE-STENDHAL

Roman. Nouvelle.

EUREDIT

568 p. Prix public France : 70 euro ttc

Michel Crouzet a rassemblé ici des études écrites à des époques différentes et sans projet cohérent, mais qui ont exploré le compagnonnage de Mérimée et de Stendhal, unis par leur perception commune d’un malaise de la civilisation.
La poésie pour Mérimée est incompatible avec la vie moderne, elle se heurte à la passion du savoir chez l’écrivain lui-même, qui dans ses nouvelles concilie les droits de la fiction et ceux de la science. Avec Octave de Malivert, Stendhal fait du mal du siècle une souffrance de l’âme et du corps qui est symptomatique de la modernité. Comme l’est dans Colomba l’inégale densité d’être et d’énergie qui distingue les représentants de la civilisation des Corses régis par leurs coutumes ancestrales.
Stendhal dans ses derniers récits (comme Mérimée des ses nouvelles françaises), devient le romancier de la platitude démocratique, que vient ravager la gaieté tragique des héroïnes capricieuses, Lamiel et Carmen.

Professeur émérite à l’Université Paris IV-Sorbonne, Michel Crouzet est un grand spécialiste de Stendhal auquel il a consacré de nombreux ouvrages qui font autorité. Grand Prix de la Critique de l’Académie française, 2008.
Il est rédacteur en chef de la revue HB., revue internationale d’études stendhaliennes.

L’écriture stendhalienne et les défis du Je

En vente sur le site des Editions Connaissances et Savoirs 

Hors-collection

L’écriture stendhalienne et les défis du Je
Edwige Thomas
688 pages; ISBN 978-2-7539-0041-7
11.09.2008
32,00 €
Cet ouvrage reprend les deux tiers de la thèse de Doctorat de l’auteur. Les analyses portent essentiellement sur les textes à la première personne mais les romans sont aussi convoqués dans la mesure où la première personne apparaît dans des « îlots de sauvegarde ».
Stendhal se détourne des genres majeurs de son siècle. Correspondance, journaux, mémoires sont des pratiques en marge qu’il s’approprie tout particulièrement. La vigilance discursive dont il fait preuve dans tous ses textes montre comment une voix s’impose sans endosser de véritable responsabilité. Cette voix montre aussi comment le recours à la fiction est inévitable pour se dire. Ses stratégies du détour se multiplient, afin de se dévoiler à sa convenance. Le texte a du jeu, au point parfois de convoquer une « quatrième personne du singulier » qui engloberait divers pronoms, différents pseudonymes et pourrait se formuler en de multiples langues. Mais toujours la première personne surgit, dans une stratégie d’ostentation et d’évitement, révélant un profond désir d’existence. Pour être pleinement, les dessins autographes, aussi maladroits soient-ils, fixent le passé et laissent Henri Beyle-Stendhal se retrouver et s’accepter.
À partir de l’observation minutieuse et patiente des marques de la première personne et de soi dans les écrits de Stendhal, les différentes tentatives de ce dernier pour se sentir être pleinement au monde se complètent. La posture éthique importe plus que la dimension esthétique chez cet auteur. C’est alors une voix unique et chatoyante qui se livre et marque à défaut de s’imposer en continu. La complexité de l’écriture en devenir appelle à elle des analyses littéraires, linguistiques, génétiques, psychologiques, philosophiques. L’autobiographe est redéfinie et tous les modes d’expression de soi sont évalués.
Après des études universitaires à Poitiers, Edwige Thomas a entrepris un Doctorat sous la direction de Serge Sérodes, puis de Francis Claudon, à l’Université de Paris XII. Depuis la soutenance de sa thèse, elle a obtenu l’agrégation. La stylistique reste son domaine de prédilection. Elle enseigne actuellement dans un collège de Poitiers.