Monthly Archive for avril, 2005

Stendhal la poursuite du bonheur

Le magazine littéraire numéro 441 d’avril 2005 consacre un important dossier à Stendhal intitulé:

Stendhal la poursuite du bonheur

avec Dominique Fernandez, Jean Lacouture, Eduardo Gallarza, Pierre-Jean Rémy, Michel Déon, Hélène Cixous, Alain de Botton…
À noter également les articles de Philippe Berthier, Yves Ansel, Gérald Rannaud, Jacques Houbert, Michel Delon, Martine Reid, Sarga Moussa, Marie Parmentier, Xavier Bourdenet.

Enquête en Armancie

Enquête en Armancie

Vient de paraître:

Enquête en Armancie
de Georges Kliebenstein
Collection Bibliothèque Stendhalienne et romantique

Armance est, à la fois, le «premier roman» de Stendhal et peut-être, singulièrement, le plus abouti et le plus retors. Dès lors qu’elle fonctionne (ou fait mine de fonctionner) comme un Grand Cryptogramme, l’aventure invite toujours à un «supplément d’enquête» à une écoute nouvelle du scandale de son silence, à une auscultation renouvelée des «signes» qui la scandent. Apparemment, le roman repose sur une liponymie : le secret d’Octave n’y est jamais dévoilé (sauf à Armance même, et au confident Dolier). Mais en fait rien, dans Armance , n’est vraiment ou radicalement tu . D’un côté, l’énigme est sur-dramatisée : elle mixe le «fatal» du tragique, le «bizarre» du fantastique et l’«affreux» de l’éthique. De l’autre, elle déplace sans cesse son «fin mot» (maladie, crime, misanthropie, philosophie, position socio-politique, mysticisme allemand, impassibilité anglaise, et jusqu’à une conjonction : «ce mais affreux»). Le ratage d’un trait définitoire définitif ou «décisif» affole le discours, qui redevient dis-cursus , se met à «courir çà et là». Le fiasco définitionnel compromet l’aventure dans des bifurcations incessantes, il rend l’intrigue littéralement imprévisible, ce dont, d’ailleurs, se vante le héros : «Voilà de ces folies, pensait-il, que jamais on ne prévoirait». De telles «folies» ne font, évidemment, qu’attiser le désir d’interprétation. Armance oblige à recourir à l’herméneutique, à la rhétorique, voire à la mantique : le texte même y incite, en assurant la mise en scène d’un «destin» le mot y revient à plusieurs reprises, comme sa variante «destinée» auquel il refuse, pourtant, toute évidence. Rien n’interdit, bien sûr, d’analyser l’intrigue après coup, en termes «logiques», et même tout y pousse (c’est ce qu’a fait Beyle lui-même). Mais, pour ne pas rigidifier trop vite le destin, il faut s’attacher d’abord à des incidents, à des accidents, à des dysfonctionnements : Armance met en cause et en crise l’espace, le temps, le genre romanesque voire le livre, le discours et la langue. Il ne faut pas réduire trop vite cette violente étrangeté.

2005. 252p. 14,5 x 21cm. ISBN 2 84310 059 3. prix 22 €.

Àparaître dans la même collection, (parution probable en avril 2005) : « Le Moi, l’Histoire 1789-1848″ Textes réunis par Damien Zanone avec la collaboration de Chantal Massol.


Ellug
Université Stendhal
BP 25
38040 Grenoble cedex 9
Tél. +33 4 76 82 77 74
Fax. + 33 4 76 82 41 12
site web : http://www.u-grenoble3.fr/ellug/

Stendhal, les romantiques et le tournant de 1830

Stendhal, les romantiques et le tournant de 1830

Colloque international organisé par Stendhal aujourd’hui, Société internationale d’études stendhaliennes, et HB Revue internationale d’études stendhaliennes, 10 et 11 mars 2006, Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, et Université de Paris-Sorbonne.

1830 : cette date n’est pas n’importe quelle date, c’est une année qui fait date ; il s’agirait de l’étudier comme un tournant, qui ferait correspondre la Révolution politique et la Révolution littéraire, et qui reflèterait plus largement une crise sociale et la mise en question peut-être radicale de l’ordre du symbolique. En 1830, commence un deuxième « mal du siècle » qui rassemble la jeunesse révoltée – celle des « bousingots » notamment, auxquels il faudrait faire un sort, en songeant aux Jeunes-France –, dans une école informelle mais réelle, dont Balzac avait énuméré les membres (Janin, Nodier, Borel, Musset, Gautier, etc.). Qu’en est-il exactement du rapport entre cette crise politique et sociale et la littérature qui semble bien se renouveler à son contact, dans un mouvement à la fois ironique, parodique et régénérateur, à la fois désenchantant et « réenchantant »? C’est à cette réflexion que nous souhaiterions vous convier, en faisant appel au croisement de toutes les spécialités (littérature, philosophie, histoire, histoire de l’art), et en prenant appui sur l’œuvre de Stendhal qui, au milieu de sa carrière littéraire, écrit un roman exemplaire de la crise, Le Rouge et le Noir (la société née de 1830 est aussi son problème), – mais pour envisager plus largement ce qu’on pourrait appeler une littérature de la crise, dont La Peau de chagrin, autre « Rouge et le noir », serait l’un des grands textes représentatifs. Il s’agirait de comprendre, avec Stendhal, à partir de lui, mais aussi au-delà de lui, le romantisme 1830, en le saisissant en amont (1827, date de parution d’Armance) et dans l’onde de choc de la Révolution (jusqu’en 1835 environ), et tel qu’il suscite un renouvellement des thèmes et des formes, sans exclusive aucune, ni de genre (poésie, théâtre, roman, nouvelle), ni de méthode, ni de perspective. En voici quelques-unes, simples suggestions d’études :

- Le regain de la nouvelle : Il pourrait être fait ainsi une place importante au renouveau de la nouvelle, du récit bref autour de 1830, favorisé qu’il fut par l’extraordinaire appel d’air de la Revue de Paris. On trouvera des livres sur la nouvelle, mais il n’est guère de réflexion synthétique sur la nouvelle romantique, sur cet essor du récit bref qui puise notamment sa source dans la redécouverte des récits tragiques ; ce serait l’occasion de la mener à bien, en considérant la convergence d’une thématique renouvelée et d’une poétique de l’ellipse et de la fulgurance.

- Le récit excentrique : L’analyse formelle du récit excentrique a déjà été tentée par le livre classique de D. Sangsue. Mais peut-être serait-il fécond de relier la floraison éphémère de cette littérature hybride, ironique et parodique d’elle-même, sombre et joyeuse (Janin et L’Âne mort, Balzac et La Physiologie du mariage, Nodier, Gautier, Hugo, Vigny et Stello ), de rattacher le surgissement d’un tel chaos narratif, qui brise le roman historique, charpenté, à la Walter Scott, à la crise globale d’une société vouée à la raillerie et dominée, selon Balzac, par la puissance dissolvante de la personnalité, de l’atome égoïste. Au nihilisme de la société répondrait un nihilisme de la littérature, la montée du roman vers la démesure et sa dissolution dans la monstruosité.

- Le frénétique : La même interrogation pourrait porter sur la violence anarchique et parodique de la littérature frénétique, autre flambée éphémère que Nodier avait d’abord identifiée à Hans d’Islande pour la condamner, quitte à s’y rallier ensuite, en distinguant dans cette littérature la seule possible, celle d’une société moribonde.

- L’école du désenchantement : On voit donc qu’il s’agirait aussi de reprendre le débat que Balzac avait ouvert, et de tenter de définir plus largement la position de ce deuxième romantisme, celui de 1830, par rapport au premier, dont il n’est pas même séparé d’une génération, en évitant peut-être de l’enfermer dans une perspective univoque qui consisterait à réunir dans un schisme scandaleux les écrivains de l’anti-progrès. Désenchantement et enchantement seraient peut-être à considérer plutôt dans un rapport dialectique, selon un jeu de tensions proprement ironiques qui traverse tout le romantisme.

[Contact : Michel Arrous, michelarrous@club-internet.fr]

 

Une liberté orageuse. Balzac – Stendhal. Moyen Âge, Renaissance, Réforme

Une liberté orageuse. Balzac – Stendhal. Moyen Âge, Renaissance, Réforme

Michel Arrous, Florence Boussard, Nicolas Boussard, Une liberté orageuse. Balzac – Stendhal. Moyen Âge, Renaissance, Réforme . Actes du colloque international, Tours, 27-28 juin 2003, Cazaubon, Eurédit, 2004, 58

 

I. Réécritures et relectures du Moyen Âge. P. Laforgue, « Recommencer le Moyen Âge, ou Politique et érotique de la Restauration dans Le Lys dans la vallée« ; A. Déruelle, « En marge du projet réaliste : les écritures du passé chez Balzac »; E. Bordas, « Balzac médiéviste. Sur l’usage du moyen français dans Les Proscrits« ; X. Bourdenet, « Octave de Malivert ou le Moyen Âge en 1827″.

II. Le Moyen Âge et la Renaissance : interprétations de Stendhal, références de Balzac. B. Méra, « Splendeurs et misères de la transgression dans les Chroniques italiennes« ; V. Bonanni, «  L’Antiquaire des littératures détruites. Balzac lecteur de Bandello »; P.-M. Neaud, « Dante selon Stendhal »; P. Pavet-Jörg, « Stendhal lecteur de Montaigne »; B. Didier,  » Le Moyen Âge et la Renaissance sur la scène lyrique, vus par Stendhal ».

III. Stendhal, Balzac et le Machiavel romantique. M. Andréoli, « Un Machiavel romantique : Honoré de Balzac »; S. Swahn, « La Stratégie de Machiavel comme plan de roman : Les Paysans de Balzac »; Th. Ozwald, « Les Promenades dans Rome de Stendhal : figures du prince »; N. Boussard, « Les Vies et les philosophies de Stendhal M. et de Machiavel B. » IV. La question du pétrarquisme. C. Labère, « Autour de la passion amoureuse : entre la Laure d’Avignon et la Dulcinée du Toboso »; R. Ghigo Bezzola, « Stendhal, De l’Amour et Pétrarque »; A. Pion, « Echecs et limites du modèle pétrarquiste dans De l’Amour et Le Lys dans la vallée« .

V. Lectures et réécritures de la Renaissance. H. Spengler, « Des historiettes romaines à l’Histoire des Treize. Enjeux et vertus de la représentation de la Renaissance chez Stendhal et Balzac »; F. Spandri, « Stendhal et Balzac : gaieté seiziémiste et identité nationale » ; A. Yamamoto, « La Renaissance dans le cloître. Manuscrits italiens et création stendhalienne.(Une hypothèse onomastique) » .VI. Stendhal, Balzac et la Réforme. M. Arrous, « L’Examen personnel et l‘esprit d’examen selon Stendhal ou le Protestantisme avenir de la civilisation » ; F. Claudon, « Ni Velly ni Scott : Balzac et Stendhal devant la Réforme et les guerres de Religion » ; M. Peyroux, « Stendhal lecteur d’Agrippa d’Aubigné. L’estre, le parestre et l’excellent français » ;E. Scheele, « Le Luther de Zacharias Werner vu par Stendhal et Goethe ».

VII. Stendhal, Balzac et les figures extraordinaires de la Renaissance. A. Mansau, « La Figure de Philippe II vue par Stendhal et Balzac : du théâtre au roman » ; F. Guinoiseau, « Deux Acteurs chez Stendhal pour le rôle de don Juan : de Gilles de Retz, dans les Mémoires d’un touriste, à François Cenci » ; M. Di Maio, « Catherine et Robespierre : Machiavel expliqué par Balzac » ; M. G. Paulson, « Catherine de Médicis : femme diabolique ou femme politique ? »

VII. Stendhal, Balzac. Etudes comparatives. K. Andersson, « Nicolas Poussin vu par Balzac et Stendhal » ; M. Guérin, « Le Roman romantique et la conscience comparante : Stendhal et Balzac » ; D. Philippot, « Le Christ romantique de Stendhal (autour de la Cène de Léonard de Vinci) ; M. Crouzet, « Stendhal et les républiques italiennes du Moyen Âge ».

Conférence de Philippe Berthier

Le magazine littéraire

Le magazine littéraire

Les soirées littéraires avec la BNF

STENDHAL romancier

Conférence de Philippe Berthier, professeur de littérature française à l’université Paris-III Sorbonne
suivie d’un débat animé par Valérie Marin La Meslée avec Yves Ansel et Béatrice Didier.
Mercredi 13 avril à 18h30 Entrée libre
Bibliothèque nationale de France-site François Mitterand

STENDHAL. Madame de Nintrey & autres nouvelles.

Madame de Nintrey et autres nouvelles.

STENDHAL. Madame de Nintrey & autres nouvelles.

Éditions Pimientos .64122. Urrugne. Février 2005. 105 p. 10 euros.

Également disponible :

STENDHAL. Journal de voyage. De Bordeaux au Pont du Gard.

Éditions Pimientos . 64122 Urrugne. Mai 2003. Édition illustrée établie par Christelle Fucili . 251 p. 20 euros

Voyages d’artistes et artistes voyageurs

Congrès national des sociétés historiques et scientifiques

130 e congrès, La Rochelle , 2005 Voyages et voyageurs

Colloque XIV – Voyages d’artistes et artistes voyageurs

mardi 19 avril 2005 – 09:00

Stendhal touriste ou les tribulations d’un Français en France

M. Serge LINKES, maître de conférences à l’Université de La Rochelle

«Je suis négociant ; en parcourant la province pour mes affaires (le
commerce du fer), j’ai eu l’idée d’écrire un journal. Il n’y a presque
pas de voyages en France : c’est ce qui m’encourage à faire imprimer
celui-ci ». C’est sous les traits de ce négociant en fer que Stendhal
proposa aux happy few les Mémoires d’un touriste en 1838,
cédant ainsi, on lui reprocha à l’époque, à l’anglomanie du mot «
touriste » – « idiome bâtard, mélange d’allemand affaibli et de français
corrompu » dit-on – et dont certains critiques lui attribuent la
paternité. Participant à l’invention du lieu touristique français comme
il l’avait déjà fait pour l’Italie avec ses Promenades dans
Rome
dix ans plus tôt, Stendhal se fait « touriste » en son propre
pays : sensible aux paysages, aux moeurs, à l’histoire… de la province
il se montre tout aussi attentif aux conditions matérielles de son
voyage comme celles des difficultés d’obtenir de l’eau chaude dans les
hôtels et les cafés français !